Cameroun- Rentrée scolaire : Au cœur des activités économiques qui l’accompagnent.

Chaque année, la rentrée scolaire au Cameroun marque plus qu’un simple retour des élèves dans les salles de classe. Elle redonne aussi vie à une myriade d’activités économiques dites « annexes », qui jouent un rôle clé dans le quotidien des familles et dans l’animation des quartiers, en particulier dans des villes comme Édéa.

Des mototaxis sur tous les fronts

Dès les premières lueurs du mois de septembre, les conducteurs de mototaxis voient leur charge de travail augmenter. Ils assurent les trajets domicile-école pour de nombreux élèves, en particulier dans les zones où le transport scolaire est inexistant. À Édéa, ces « taxis deux-roues » deviennent incontournables, malgré les risques que soulève leur conduite parfois hasardeuse, surtout en présence de jeunes passagers.

Autour des établissements scolaires, on assiste à la réinstallation des cantines de fortune et des vendeuses de rue. Beignets, jus, arachides, sandwichs et petits plats locaux sont proposés à la pause ou à la sortie des classes. Ces activités, tenues majoritairement par des femmes, permettent à plusieurs ménages de subvenir à leurs besoins. La rentrée est aussi synonyme de relance pour les boutiques de quartier, les librairies, les vendeurs de friperie et de chaussures.

Fournitures scolaires : l’autre ruée

Marchés, carrefours et espaces publics sont envahis par les vendeurs ambulants de cahiers, sacs, stylos, règles et manuels. Cette période est stratégique : beaucoup de commerçants réalisent jusqu’à 40 % de leur chiffre d’affaires annuel entre fin août…

Bien que précieuse, cette économie annexe reste largement informelle. Elle gagnerait à être mieux encadrée, tant pour des raisons de sécurité (hygiène alimentaire, transport scolaire) que pour assurer une protection sociale aux milliers de petits acteurs qui en vivent.

Vers une prise en compte globale de l’environnement scolaire

L’école ne se limite plus à l’enseignement. Elle est aujourd’hui au centre d’un écosystème économique à part entière. Repenser la rentrée scolaire au Cameroun, c’est aussi intégrer ces acteurs de l’ombre dans les politiques publiques, en valorisant leur rôle tout au long de l’année.

UAMG-Walter Atou’ou Otya’a