Cameroun – Rentrée scolaire : quand le pouvoir d’achat met les familles à l’épreuve.

Chaque rentrée scolaire représente un moment important, tant pour les élèves que pour leurs parents. À l’approche du 8 septembre, l’inquiétude gagne de nombreuses familles. Moins sur la reprise des cours que sur une préoccupation bien concrète : comment faire face aux dépenses liées à la rentrée ?

Frais de scolarité, fournitures, uniformes, manuels, inscriptions, participation à l’APEE, sacs, chaussures… la liste est longue, et les coûts peuvent vite s’accumuler. Dans un contexte où l’inflation pèse sur le quotidien et où les revenus restent souvent limités, chaque achat devient un véritable défi.

Dans les marchés et les librairies, les scènes parlent d’elles-mêmes : des parents qui négocient le prix d’un cahier, d’autres qui attendent une rentrée d’argent pour compléter les achats. La tontine, parfois, devient le seul moyen de faire face.

Les ménages les plus fragiles, familles nombreuses, parents seuls, travailleurs du secteur informel, doivent parfois faire des choix difficiles : prioriser un enfant, reporter des achats, ou choisir une école en fonction du budget plutôt que de la qualité.

Les ménages les plus fragiles, familles nombreuses, parents seuls, travailleurs du secteur informel, doivent parfois faire des choix difficiles : prioriser un enfant, reporter des achats, ou choisir une école en fonction du budget plutôt que de la qualité.

Pendant ce temps, la rentrée reste une période de forte activité économique pour les commerces et certaines écoles privées. Ce constat amène à une réflexion importante : peut-on encore parler de gratuité de l’école quand de telles dépenses pèsent sur tant de foyers ?

Il ne s’agit pas de pointer du doigt un système, mais plutôt de souligner une réalité vécue par des milliers de familles. Pour que l’éducation reste un droit accessible à tous, il est essentiel de renforcer les mécanismes d’accompagnement, de mieux encadrer certains frais, et de soutenir davantage les établissements publics afin qu’ils restent une option de qualité pour tous.

La rentrée scolaire ne devrait pas être une épreuve économique. Elle devrait marquer un nouveau départ, dans un cadre équitable et inclusif.

 UAMG-Aya