Le capitanat au Barça : entre héritage, crise et renaissance.

Symbole d’autorité et d’identité, le brassard de capitaine du FC Barcelone traverse une période de turbulences. Entre figures établies, jeunes ambitieux et nouveaux leaders charismatiques, le club catalan s’interroge:faut-il s’accrocher aux traditions ou embrasser un capitanat pluriel?

Le brassard de capitaine du FC Barcelone n’est pas un simple accessoire. C’est une pièce d’histoire. Il a été porté par des légendes comme Carles Puyol, Xavi, Lionel Messi… Des noms qui transcendent les générations et incarnent un style, une exigence, un leadership. En 2025, pourtant, ce symbole sacré semble tanguer entre incertitude, tensions internes et renouveau possible.

Ter Stegen, capitaine malgré lui? 

Marc‑André ter Stegen est, officiellement, le premier capitaine du Barça. Élu par ses pairs à l’été 2024, le gardien allemand incarne la longévité et la rigueur. Mais depuis quelques mois, le doute s’est installé. Sa récente blessure  une opération de la colonne vertébrale  le tiendra éloigné des terrains jusqu’à la fin octobre. Si ce n’était que cela… Les rumeurs de désaccords dans le vestiaire, d’une rupture avec une partie du groupe et d’une volonté de la direction de « retirer le brassard » ont surgi, comme un orage d’été inattendu mais bruyant.

La position du joueur, fidèle et mesuré, tranche avec le tumulte : il n’a jamais contesté les critiques, mais ne compte pas abandonner. Soutenu publiquement par Frenkie de Jong, Ferran Torres et même Pau Cubarsí, il garde un mince fil d’espoir. Pourtant, au Barça, même les institutions vacillent lorsque les résultats ne suivent pas.

Raphinha, le leader qui monte.

Et dans cette brèche s’engouffre un nom : Raphinha. L’ailier brésilien, tout juste auréolé d’une saison exceptionnelle (34 buts, 25 passes décisives), est vu comme un véritable moteur offensif, mais aussi émotionnel. Explosif sur le terrain, il est devenu un point d’ancrage dans le vestiaire. Certains cadres verraient en lui un capitaine « de terrain », à la Dani Alves moins sobre que les profils traditionnels, mais capable d’électriser un groupe.

Raphinha n’a jamais réclamé le brassard. Il le mérite sans doute. Mais est-ce suffisant?

Le jeu des prétendants.

En embuscade, d’autres noms émergent. Ronald Araujo, vice-capitaine, formé à la maison, incarne une rigueur défensive et une fidélité au club. Frenkie de Jong, discret mais respecté, aurait pu prétendre au rôle principal, mais semble plus enclin à servir qu’à diriger. Et puis il y a Inigo Martínez, qui en seulement un an a gagné le respect du vestiaire par son engagement et sa voix.

Et puis il y a Gavi. Trop jeune pour certains, trop fougueux pour d’autres. Mais sa passion rappelle celle des plus grands. Le futur pourrait bien lui appartenir, une fois qu’il aura appris à canaliser son énergie.

Capitanat : crise ou mutation?

Ce moment de flou est aussi révélateur d’un changement générationnel. Le Barça d’aujourd’hui n’est plus le club du tiki-taka ni des capitanats linéaires de 10 ans. Le brassard n’est plus une permanence, c’est devenu un reflet des dynamiques du vestiaire  et parfois même des équilibres politiques du club.

La question n’est plus seulement « qui mérite le brassard ? », mais « qui peut le porter sans qu’il ne devienne trop lourd ?

Le Barça entre dans une nouvelle saison sans capitaine incontesté, mais avec une richesse rare : plusieurs leaders potentiels. Ter Stegen incarne la continuité. Raphinha, la renaissance. Araujo, la solidité. Gavi, l’avenir. La vraie question est peut-être celle-ci: le Barça doit-il retrouver un capitaine « à l’ancienne » ou accepter que, désormais, le leadership se partage, se fragmente, se réinvente ?

Une chose est sûre : au Camp Nou, le brassard est plus qu’un tissu. C’est un étendard. 

UAMG-Adélaïde Abeng*