Dans un contexte géopolitique en constante évolution, le Sénégal s’affirme comme un acteur stratégique en négociant son adhésion aux BRICS, ce groupe de pays émergents qui pèse de plus en plus sur la scène internationale. La ministre des Affaires étrangères, Yassine Fall, a déclaré : « Le Sénégal a quelque chose à apporter aux BRICS en raison de sa stabilité, de ses ressources et de cet élan de développement industriel que nous voulons mettre en place.
La création des BRICS en 2009 a été une réponse à la nécessité d’une plateforme de coopération pour les nations en développement, permettant à ces pays de se positionner face aux puissances occidentales. Avec l’élargissement du groupe en janvier 2024 pour inclure des pays comme l’Égypte et l’Iran, le Sénégal semble désireux de participer à cette dynamique qui redéfinit les rapports de force globaux.
Cette démarche pourrait susciter des inquiétudes en France. Historiquement, la France a exercé une influence considérable en Afrique de l’Ouest, et le Sénégal, ancien bastion colonial, en est un exemple emblématique. L’adhésion du Sénégal aux BRICS pourrait renforcer sa position sur la scène mondiale tout en diminuant l’influence française dans la région. En s’alignant avec des nations en pleine ascension, Dakar remet en question les schémas traditionnels de coopération.


De plus, des contacts récents entre Moscou et Dakar soulignent cette volonté de diversification. En novembre 2024, il a été rapporté que « Vladimir Poutine et Bassirou Diomaye Faye ont échangé par téléphone à l’initiative de la partie sénégalaise », selon le Kremlin. Cet échange témoigne d’une volonté croissante de renforcer les relations bilatérales, notamment dans la coopération économique et la lutte contre le terrorisme en Afrique.
Les dirigeants sénégalais expriment un désir de rupture avec le passé colonial. Yassine Fall a souligné que le Sénégal souhaite s’affirmer par ses propres choix et ambitions, en résonance avec les aspirations des pays africains à prendre le contrôle de leur avenir. Ce désir de souveraineté est palpable dans la volonté du Sénégal de se rapprocher des BRICS, qui représentent une alternative aux modèles dominants.
Cette évolution dans les relations avec la Russie pourrait signaler un changement dans les alliances stratégiques du Sénégal. La France, face à cette dynamique, devra réévaluer sa stratégie en Afrique. La diplomatie française, souvent perçue comme paternaliste, doit s’adapter à une nouvelle réalité où les pays africains cherchent à affirmer leur souveraineté et à explorer de nouveaux horizons économiques.
La question se pose : la France est-elle prête à accepter cette nouvelle dynamique ou continuera-t-elle à s’accrocher à ses anciennes méthodes ? En cherchant à rejoindre les BRICS, le Sénégal ouvre la voie à une redéfinition des relations internationales en Afrique. La France doit envisager de nouvelles façons de collaborer avec les nations africaines, en respectant leur volonté d’indépendance et de développement.
UAMG-Joseph KIZERBO









