Dès les jours précédant la rentrée, les files d’attente ont débordé largement les enceintes officielles. Des passagers, pourtant munis de billets achetés parfois plusieurs jours à l’avance, ont eu du mal à embarquer. Des altercations ont éclaté entre clients inquiets et bagagistes débordés. Même les trajets habituellement fluides, comme ceux vers Douala, se sont avérés saturés, tandis que les voyages vers le Grand Nord ont connu des retards de plusieurs jours.
« J’ai acheté mes billets mercredi. Nous sommes samedi et je suis toujours ici. Je demande un remboursement : 21 000 francs CFA fois cinq personnes, faites le calcul. C’est inadmissible », fulmine un père de famille bloqué dans une gare. Une professeure d’allemand en poste dans le Nord, visiblement exténuée, raconte : « J’ai obtenu mon ticket hier et je suis arrivée à l’aube. Pourtant mes bagages n’étaient toujours pas embarqués. J’ai un nourrisson avec moi, c’était insupportable. »


Dans ce chaos, certains ont flairé l’opportunité. Des commerçants ambulants ont installé des stands improvisés, vendant prunes rôties, repas précuits, boissons ou œufs à la coque, souvent à des prix majorés. Les motos-taxis, eux aussi, ont multiplié leurs tarifs par deux ou trois. Pendant ce temps, les voyageurs les plus vulnérables, notamment les enfants, ont subi chaleur étouffante, manque d’hygiène et incertitude quant au départ.
Ce scénario, qui se répète chaque année, met en lumière l’incapacité persistante des infrastructures à répondre à la forte demande saisonnière. Alors que la rentrée devrait être un moment de renouveau, elle reste pour beaucoup une épreuve logistique et émotionnelle. Face à cette situation, voyageurs et observateurs plaident pour une meilleure organisation des départs, une régulation des prix et des investissements urgents dans le secteur du transport interurbain.
UAMG-Equipe de la rédaction.









