Dans les échoppes de quartiers, les marchés ou même certains points de vente en ligne, les produits dits « revigorants » ont envahi le quotidien de nombreux hommes camerounais, notamment dans la Sanaga-Maritime. Racines broyées, décoctions locales, gélules importées, boissons énergétiques aux promesses audacieuses… la demande est croissante. Mais que cache cette ruée silencieuse vers les boosters de performance sexuelle ?
Entre santé réelle et pression sociale
Selon plusieurs témoignages recueillis, certains consommateurs disent y recourir pour compenser une baisse de vitalité, liée à l’âge, au stress ou à certaines pathologies (comme le diabète ou l’hypertension). D’autres, souvent plus jeunes, les consomment sans trouble médical particulier, mais influencés par les diktats de la performance sexuelle, entretenus par la société, les réseaux sociaux ou la pornographie.
Une tendance pas toujours encadrée
Le plus inquiétant, selon des spécialistes, reste l’automédication. De nombreux utilisateurs ignorent les effets secondaires ou les interactions avec d’autres traitements. Dans certains cas, des complications cardiovasculaires, rénales ou psychologiques peuvent survenir. De plus, le marché reste mal régulé, laissant place à des produits douteux, parfois dangereux.


Un miroir des fragilités masculines
Ce phénomène met aussi en lumière le silence autour de la santé sexuelle masculine, souvent considérée comme un tabou. Peu d’hommes consultent des professionnels de santé, préférant les solutions discrètes, quitte à se mettre en danger. Le manque d’éducation sexuelle et l’absence de structures spécialisées accessibles aggravent la situation.
Pour freiner les excès, des professionnels plaident pour une meilleure sensibilisation sur la santé sexuelle, une régulation stricte des produits en circulation, et surtout une approche bienveillante qui dédramatise les troubles érectiles ou la baisse de libido, tout en encourageant le dialogue.
Dans un pays où la virilité est encore fortement liée à la performance, la ruée vers les revigorants n’est pas seulement une question de santé, mais un vrai sujet de société.
UAMG-Walter Atou’ou









