USA–UE : derrière l’accord commercial, une trêve fragile

L’accord signé entre les États-Unis et l’Union européenne met officiellement fin à une période detensions commerciales. Mais derrière l’effet d’annonce, une question demeure : s’agit-il d’un vrai tournant, ou simplement d’une pause tactique dans un bras de fer qui dure depuis des années ? 

Depuis 2018, la guerre commerciale transatlantique a laissé des traces. Taxations réciproques, incertitudes pour les entreprises, climat de défiance. En cherchant à défendre leurs intérêts, les deux partenaires historiques ont affaibli un lien pourtant vital, économiquement et politiquement.

Le nouvel accord est présenté comme un « redémarrage »: suppression de certains droits de douane, coopération sur les technologies vertes, et mise en place d’un dialogue régulier. C’est mieux que rien. Mais c’est loin d’être suffisant. Les sujets les plus sensibles ; subventions industrielles, protection des données, normes environnementales sont soigneusement évités.

En réalité, cet accord ressemble plus à un geste stratégique qu’à un projet commun. Face à la montée en puissance de la Chine et au désordre du commerce mondial, les États-Unis et l’UE tentent de se rapprocher pour ne pas perdre leur influence. Mais sans vision partagée, cette alliance risque de rester superficielle.

Un partenariat économique solide ne peut reposer sur des compromis de dernière minute. Il faut de la clarté, de la confiance et une volonté politique sincère. Sinon, cette trêve ne fera que masquer les désaccords profonds qui continuent de miner la relation transatlantique.

UAMG-Adélaïde Abeng