Cameroun-Employabilité des jeunes : L’appel du Sous-Préfet d’Édéa 1er. 

Dans une interview exclusive, le Sous-Préfet d’Édéa 1er, Dr Daniel Hector Eto Fame, souligne l’importance de diversifier les formations pour mieux préparer les jeunes au marché de l’emploi. Découvrez ses réflexions sur les défis et les opportunités de l’éducation dans son unité de commandement.

Quelles étaient vos motivations lors de vos visites dans les établissements scolaires et les centres de formation professionnelle ?

Je vous remercie de me donner l’occasion de parler de ma visite dans les clubs d’entrepreneuriat des établissements secondaires d’Édéa 1er. Cette initiative a été inspirée par les activités de la fête de la jeunesse, où j’ai été impressionné par la créativité des jeunes. En collaboration avec les chefs d’établissement, les enseignants, les parents et les responsables de la jeunesse, nous avons décidé de visiter les lycées, les CETIC et les CES, puis dans les  établissements d’enseignement supérieur et les centres de formation professionnelle. Cette tournée, effectuée entre le 19 mars et le 11 juin 2025, visait à rappeler que le gouvernement camerounais soutient la professionnalisation des enseignements.

Nous avons observé une grande résilience chez les jeunes d’Édéa 1er, qui s’adaptent bien aux changements technologiques. Nos visites dans les ateliers de soudure, de menuiserie et culinaires ont permis d’apprécier le génie créatif de nos jeunes élèves et étudiants. Nous avons soutenu la créativité de ces jeunes en achetant certains de leurs articles lors de nos visites. Cependant, nous avons également constaté des difficultés, notamment l’absence de clubs d’entrepreneuriat dans certaines établissements scolaires. Pour pérenniser ces initiatives, nous avons inscrit les jeunes entrepreneurs à l’Observatoire national de la jeunesse, afin qu’ils puissent bénéficier de financements après l’obtention de leur baccalauréat.

J’encourage également les enseignants à insister sur l’importance de la formation professionnelle, qui représente l’avenir de l’éducation. Les parents doivent également être incités à inscrire leurs enfants dans ces formations. 

Comment comptez-vous répondre au manque d’équipements et de matériel dans les établissements scolaires ?

Merci pour cette question pertinente. Effectivement, le manque d’équipements est un défi que nous avons constaté. Les doléances des chefs d’établissement et des enseignants ont été transmises à la hiérarchie. Nous faisons appel à des mécènes pour trouver des solutions immédiates, et certaines bonnes volontés commencent déjà à soutenir ces établissements.

Cependant, le besoin reste important. Comme vous le savez bien, la pratique sans théorie est vide et la théorie sans pratique est aveugle. Nous devons donc allier les deux pour que nos élèves soient compétents et compétitifs sur le marché de l’emploi.

Avez-vous constaté une adéquation entre les formations professionnelles proposées et les besoins des entreprises dans la région ?

Depuis le 28 mai, nous avons lancé une tournée inédite dans les centres de formation professionnelle. C’est une grande première, car aucune autorité avant moi n’avait encore effectué une telle initiative. Nous avons vérifié si les formations dispensées répondent aux normes et aux besoins des entreprises.

L’arrondissement d’Édéa 1er est un pôle industriel en plein essor, mais malheureusement, nos écoles de formation ne s’alignent pas suffisamment sur ces nouvelles opportunités. J’ai exhorté les promoteurs à diversifier leurs offres de formation pour mieux préparer les étudiants à intégrer le marché de l’emploi.

Nous encourageons également les jeunes à se former, même au-delà d’Édéa, en profitant du e-learning pour étoffer leurs compétences. Avec une telle diversité de formations, ils seront mieux préparés à postuler dans les entreprises qui s’installent dans notre région.

UAMG-Propos recueillis par Joseph KIZERBO