La scène politique camerounaise entre progressivement dans une phase décisive à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Le paysage se redessine, les ambitions s’affichent, et la compétition s’intensifie. Deux figures bien connues de la vie publique, Issa Tchiroma Bakary et Bello Bouba Maïgari ont officialisé leur entrée dans la course suprême, chacun symbolisant à sa manière l’enjeu de cette présidentielle : entre rénovation politique et quête de continuité.
Le 28 juin dernier, au Palais des Congrès de Yaoundé, c’est devant les militants de l’UNDP réunis en congrès que Bello Bouba Maïgari, Ministre du Tourisme et leader historique du parti, a déclaré sa candidature. Une décision qui n’est pas sans poids, compte tenu de son parcours institutionnel et de son expérience politique. Tout comme Issa Tchiroma Bakary, qui quelques semaines plus tôt, quittait le gouvernement après plus de vingt ans de loyaux services pour se positionner à son tour comme candidat.
Ces annonces, loin d’être anodines, interrogent. Elles montrent une volonté de repositionnement de certains ténors du système, aujourd’hui désireux d’apparaître comme des alternatives crédibles… à un système qu’ils ont eux-mêmes servi pendant des décennies.


Dans une démocratie, la diversité des candidatures n’est pas un problème en soi. Elle reflète la vitalité politique d’un pays. Mais elle pose aussi la question de la sincérité et de la cohérence des projets politiques proposés. Peut-on se réinventer en porteur de rupture après avoir incarné l’ordre établi pendant plus de 20 ans ? Le peuple jugera.
Pendant ce temps, le Président Paul Biya, encore discret mais toujours influent, demeure une figure d’équilibre dans un environnement politique où l’émotion et la précipitation gagnent du terrain. Son leadership historique, son sens des institutions et son attachement à la paix sociale sont des repères stables dans un contexte régional fragile.>
La priorité pour le Cameroun reste donc la préservation de la stabilité, l’unité nationale et la cohérence dans les orientations de gouvernance. C’est ce que rappellent, dans leurs actions, des personnalités comme Manaouda Malachie, Alamine Ousmane Mey ou encore Taïga, des piliers gouvernementaux issus du Grand Nord, dont l’engagement constant au service de l’État contraste parfois avec les recentrages opportunistes observés ailleurs.
En octobre 2025, le peuple camerounais devra arbitrer entre expérience éprouvée et promesses nouvelles, entre continuité stratégique et aventures personnelles. Et comme toujours, il saura faire preuve de lucidité.
UAMG-Aminatou









