Cameroun: Présidentielle 2025 : Un fauteuil pour 12.

À l’issue de deux jours d’audiences devant le Conseil constitutionnel, l’examen des 33 recours déposés n’a pas élargi le champ des candidatures à la présidentielle du 12 octobre 2025. Au contraire, ces procédures ont permis d’écarter plusieurs prétendants, ramenant le nombre de candidats officiellement en lice à douze. 

Le recours du candidat du Manidem, Maurice Kamto, était très attendu. Après des débats houleux lundi dernier entre les conseils de l’ex-président du MRC, ceux du candidat Yebga Dieudonné  qui revendique la présidence du Manidem, les représentants d’Elecam et du Minat, le Conseil constitutionnel a jugé le recours recevable sur la forme, mais non fondé sur le fond. Le délibéré, regroupant ces trois recours en jonction de procédure, a une nouvelle fois, comme c’est devenu la norme depuis sept ans, éclipsé les 30 autres recours également rejetés, à l’exception de celui de Mme Moullende du Mouvement Progressiste. Cette dernière a obtenu le retrait de la candidature de Hilaire Nzipan, pourtant validée par Elecam.

Sont également tombés sous le coup de l’irrecevabilité les trois recours internes à l’UPC, portés respectivement par Yamb Ntimba, Abdouramane Hamadou et Jean Bahebeck. Une fois encore, l’UPC sera absente des joutes électorales, engluée dans un quadricephalisme qui mine ses structures internes, l’entraînant vers ce que d’aucuns qualifient de suicide politique. Il est certain qu’un camp saura tirer profit de ces divisions sans fin, dans un parti où les dirigeants peinent à revenir aux fondements prônés par les pères fondateurs : unité du Kamerun, indépendance totale et élévation du niveau de vie.

Les enseignements du tri des candidatures 

Maintenant que la liste définitive des candidats est connue, les analystes commencent à tirer les premières leçons. Pour l’enseignant-chercheur en science politique à l’Université de Douala, Aristide Menguele, interrogé par le quotidien Mutations, « dans un tel contexte, les perspectives et les options pour le candidat disqualifié doivent être envisagées avec prudence, mesure et sens des responsabilités ».

Le président par intérim du MRC semble avoir suivi ce conseil en appelant les militants à garder leur calme, dans un communiqué publié peu après le verdict du Conseil constitutionnel concernant le recours introduit par le Manidem pour le compte de Maurice Kamto.

La grande question désormais : les candidats recalés auront-ils le courage de faire leur propre aggiornamento ? Il leur faudra examiner ce qui n’a pas fonctionné, réfléchir à leur place dans le jeu politique et peut-être envisager des alliances ou des coalitions avec l’un des 12 candidats retenus.

Pendant que ces derniers entrent en campagne, les regards se tournent également vers les recalés. Leurs militants attendent des consignes : s’allier à un candidat de l’opposition ? Soutenir le RDPC ? Ou prôner l’abstention ?

UAMG-El Nasri