L’Union des Populations du Cameroun (UPC), autrefois fer de lance du nationalisme camerounais, s’illustre aujourd’hui par ses divisions internes. À ce jour, quatre candidatures sont portées ou soutenues par différentes factions du parti.
L’UPC traverse une zone de turbulences à quelques mois du scrutin présidentiel. Affaibli par des luttes de leadership depuis plusieurs années, le parti historique du Cameroun est désormais scindé en au moins quatre factions, chacune ayant sa propre stratégie électorale.
Le 10 décembre 2024, deux camps internes ont procédé à des investitures distinctes. La faction dirigée par Michel Eclador Ekwa et Henriette Ekwe a choisi d’investir le Pr Jean Bahebeck, intellectuel reconnu et militant de longue date du parti. En parallèle, celle menée par Rose Ndjie She a porté son choix sur Dominique Yamb Ntimba, présenté comme vainqueur d’un vote interne ayant opposé les deux hommes. La faction de Rose Ndjie a d’ailleurs communiqué de manière intensive sur cette investiture, affirmant que Yamb Ntimba Dominique représente désormais le « vrai visage » de l’UPC.
Mais la confusion ne s’arrête pas là. Deux autres groupes, plutôt que de proposer un candidat interne, ont choisi de soutenir des candidatures extérieures. Robert Bapooh Lipot, longtemps porte-parole controversé du parti, s’aligne derrière le candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), le Président Paul Biya, président sortant. Quant à Pierre Baleguel Nkot, quant à lui soutient Me Akere Muna, figure de la société civile et leader du mouvement NOW, récemment investi par le parti Univers.




Face à cette fragmentation, l’UPC apparaît plus que jamais émietté, incapable de parler d’une seule voix. La situation préoccupe nombre de militants et d’observateurs de la scène politique camerounaise, au moment où les appels à l’unité de l’opposition se multiplient, notamment du côté de Cabral Libii, qui plaide pour une mutualisation des forces en vue d’une alternance démocratique.
À mesure que l’échéance électorale approche, il devient crucial pour les factions de l’UPC de s’entendre sur une position commune. Faute de quoi, Elections Cameroon (Elecam) et le Conseil constitutionnel pourraient trancher en ne retenant qu’une seule candidature, celle qui répondra pleinement aux exigences légales de représentation et de régularité.
Le parti du crabe, pris dans ses querelles intestines, risque de perdre une nouvelle occasion de peser dans le jeu politique national, à moins qu’un sursaut d’unité n’intervienne dans les prochaines semaines.
UAMG-Aminatou









